Hutchinson, l'un des navigateurs de monocoques les plus respectés du moment, n'a jamais vraiment réussi à se faire des amis avec les catamarans. Certes, il a parfois montré sa classe dans les épreuves de match race de la série mondiale de l'America's Cup avec l'AC45, mais dans les fleetraces, il n'a pas pu rivaliser avec les jeunes sauvages comme Jimmy Spithill, Chris Draper ou plus récemment le nouveau venu Ben Ainslie. Aujourd'hui, Artemis Racing a présenté un nouveau directeur de voile en la personne du triple médaillé olympique anglais Ian Percy, qui s'est engagé en 2007 en tant que navigateur vedette à Valence auprès de l'équipe italienne +39 et y a obtenu ses premières égratignures en Coupe.
Dès l'automne, Artemis a présenté à San Francisco le champion olympique australien de skiff Nathan Outterridge comme barreur, qui sait également très bien manier les hydrofoils comme le Moth. Les Suédois ont également fait appel à Loïck Peyron, le dieu français du multicoque, qui avait pris la barre d'Alinghi en 2010 lors de la défaite contre BMW Oracle à Valence. Peyron, qui a remporté la régate ACWS à Newport avec le petit team Energy, manque encore une victoire AC à sa vaste collection de trophées. Le tornadier argentin Santiago Lange sera également de la partie. On ne sait pas encore qui tiendra la barre de l'AC72, en proie à des problèmes techniques (démâtage lors des tests d'ailes l'été dernier, problèmes structurels lors des tests de remorquage sur la baie de San Francisco).
Deux protestations sont entre-temps en suspens auprès du jury international. La première concerne l'espionnage lors de l'entraînement des deux AC72 de Team New Zealand et Luna Rossa à Auckland. Un bateau à moteur d'Oracle, équipé d'appareils de mesure, n'aurait pas respecté la distance de 200 mètres prescrite par les règles lors de l'"observation" des concurrents. La deuxième protestation concerne l'annulation de la régate ACWS de Venise en avril, qui a été remplacée par un événement américain dont le lieu et la date ne sont pas encore fixés. Cette manœuvre, dit-on, manque de sanction pour les équipes qui doivent obligatoirement participer à l'ACWS pour être admises à la "vraie" coupe.