Il y a à peine deux ans, l'"Alexander von Humboldt II", successeur du célèbre navire "Beck's", entrait en service comme voilier-école. A l'époque, la nouvelle construction avait coûté 15 millions d'euros. Aujourd'hui, l'organisation d'exploitation, la Fondation allemande Sail Training (DSST) , SOS. Dans son édition en ligne d'aujourd'hui, la "Journal de la mer du Nord" le porte-parole du comité directeur du DSST, Jürgen Hinrichs : "Nous avons de l'eau jusqu'au cou".
Le nombre insuffisant de réservations serait à l'origine de cette situation financière critique. La DSST modifie donc le plan de croisière hivernal de l'"Alex II". Les Canaries remplacent désormais les Caraïbes. "Nous étions sans doute trop ambitieux avec notre idée de proposer deux années de suite des voyages transatlantiques", suppose Hinrichs. Certes, le plan de croisière a été généralement bien accueilli, mais de nombreux membres de l'équipage permanent et des stagiaires auraient eu du mal à assumer les frais de vol relativement élevés.
Mais sans un certain nombre d'équipiers réguliers, le grand voilier n'a pas le droit de prendre le large, et les recettes provenant des cotisations de croisière des co-navigateurs payants sont importantes pour le financement de l'exploitation du bateau. "C'est pourquoi nous avons décidé de faire passer l'hiver à l''Alex II' dans la zone de navigation des Canaries, qui est beaucoup moins chère à atteindre", explique Hinrichs.
Le coût élevé des billets d'avion peut en effet être l'une des raisons de la baisse d'intérêt à embarquer comme stagiaire sur le voilier de croisière. Une autre raison est sans doute le manque de commercialisation du bateau, comme le reconnaît Hinrichs au "Nordsee-Zeitung" : "La seule commercialisation par le biais de notre site internet ne suffit pas", explique Hinrichs. "Nous devons nous ouvrir un nouveau marché de clients pour pouvoir exister". Selon lui, on ne sait pas assez que l'"Alex" permet de passer des vacances actives. "C'est ce que nous devons mettre en avant".
Le site plan de croisière modifié prévoit désormais des circuits d'une à deux semaines, le plus souvent au départ du port de base de Santa Cruz/Ténériffe. Les membres de la DSST ne se font cependant pas d'illusions et s'attendent à ce que l'"Alex II" reste plus souvent à quai dans les mois à venir, pendant les périodes où les réservations sont particulièrement faibles.
Le voyage de Noël, du 21 au 28 décembre, doit conduire la barque à Las Palmas de Gran Canaria, où la croisière du Nouvel An doit également commencer et se terminer. Début mars 2014, le bateau retournera à Bremerhaven avec des escales aux Açores et à Saint-Malo.
Un grand portrait du nouvel "Alex II" est paru dans YACHT 9/2012.
La fondation allemande Sail Training (DSST) a été créée en 1986 dans le but d'initier les gens à la navigation en haute mer sur des bateaux traditionnels. Plus de 35.000 hommes et femmes ont déjà profité de cette offre par le passé.
La DSST vit de l'engagement bénévole de ses membres. Son objectif principal est la formation des jeunes navigateurs sur des voiliers carrés. Sans équipe de base, cela n'est pas possible. Pour être admis, il faut passer par plusieurs étapes.
Le parcours commence en tant que stagiaire. Il s'agit d'adolescents ou de jeunes adultes qui montent pour la première fois à bord d'un bateau sur l'"Alex". Celui qui peut justifier de 1.000 miles nautiques, qui est apte à naviguer à haute altitude et qui maîtrise les connaissances de base sur le gréement, les voiles et les manœuvres, se fait examiner pour devenir matelot léger et ne paie dès lors plus que la moitié des frais de voyage.
Après avoir parcouru 1000 milles supplémentaires et acquis des connaissances maritimes, l'examen de matelot est passé. Pour devenir "Toppsmatrosen", il faut maîtriser toutes les manœuvres en dormant et être capable d'effectuer des travaux de marin sur le pont et dans le gréement. Les "Toppsis" dirigent un quart, enseignent à la relève, veillent à la sécurité et motivent leur équipage même par gros temps. Cela exige, en plus d'une bonne gestion des hommes, une bonne dose d'habileté pédagogique.

Chef de texte YACHT