L'une des nouvelles les plus excitantes de la conférence de presse d'automne du groupe Beneteau n'en était pas une du tout. Alors que le top management du plus grand chantier naval de plaisance au monde présentait au Yachting Festival de Cannes début septembre des tendances positives et de nombreuses nouveautés intéressantes, une seule marque s'est fait remarquer par son absence : la gamme First de Beneteau.
En effet, les Cruiser/Racer comptent parmi les enfants à problèmes du groupe, qui a par ailleurs navigué en remarquable bonne forme à travers la crise financière. La glorieuse série de modèles reste depuis des années en deçà des attentes du constructeur et des concessionnaires. L'année dernière déjà, il n'y avait pas eu de véritable nouveauté. Cette fois-ci, First n'a même pas été mentionné dans les présentations.
Les succès ne manquent pas sur le circuit des régates. L'actuel First 40 "BM-Yachting" a récemment remporté le titre du championnat international allemand de voile au large de Flensburg. L'année dernière, le même type de bateau a remporté le groupe ORCi 2 lors de la Rolex Sydney to Hobart Race.
Interrogé à ce sujet, le nouveau patron du groupe Beneteau, Hervé Gastinel, a confirmé que la ligne First était sur la sellette. "Aujourd'hui, il existe des yachts de croisière rapides qui rivalisent avec nos bateaux", a-t-il déclaré. C'est pourquoi la poursuite de la série de modèles fait l'objet d'intenses discussions. "Nous ne nous facilitons pas la tâche. C'est un véritable défi pour l'entreprise".
En fait, le segment des cruisers/raceurs classiques produits en grande série est mis à mal de toutes parts :
Alors que les modèles First précédents, comme le 27.7 ou le 40.7, se sont vendus à des centaines d'exemplaires et ont été de véritables best-sellers, leurs successeurs n'ont pas pu renouer avec le succès économique du passé. Le First 30 était en quelque sorte une dernière tentative de rester dans la course sur le plan technologique. Mais le bateau conçu par Juan Kouyoumdjian et codéveloppé par Michel Desjoyeaux, avec son double safran, son chinois et sa poupe extrêmement large, est resté bien en deçà des attentes : trop lourd de construction, pas assez agile.
La ligne entière est-elle menacée de disparition ?
Cette possibilité n'est en tout cas pas exclue. Car le patron de Beneteau, M. Gastinel, n'a pas voulu s'engager, ni même garantir la pérennité de l'entreprise. Il a renvoyé aux discussions en cours et a annoncé qu'une décision serait prise au plus tôt en décembre, lors du Salon Nautique de Paris.
Les choses ne devraient toutefois pas aller si mal. C'est du moins ce que plusieurs sources proches de l'entreprise ont assuré à YACHT online : "Il n'y aura pas de fin à la série First", a déclaré un initié de Beneteau. "Ce serait Madame Roux(la petite-fille du fondateur du chantier naval Benjamin Beneteau, chef et actionnaire de longue date ; la réd.) ne pas permettre".
Un aspect pourrait être le remplacement en 2019 du Figaro II, le bateau sur lequel s'entraîne la relève française de la course au large et qui a été créé en 2003 sur la base du First 31.7. Il est difficile d'imaginer que Beneteau doive laisser ce projet prestigieux à d'autres.
La question de l'avenir de First se pose donc avec d'autant plus d'acuité : plutôt classique, comme jusqu'à présent - ou plus innovant, plus réduit, plus léger, comme le montre la concurrence nationale ? Une décision qui fera date !

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