Le foiling est en train de devenir une méga-tendance. Après les cuppers et les bateaux de régate, la technologie des hydrofoils fait peu à peu son entrée dans la construction navale de série. Le dernier exemple en date est le TF10, un trimaran à foils de 32 pieds de Morelli & Melvin - en quelque sorte le pendant multicoque du Figaro 3 de Bénéteau.
Le bateau est conçu comme une classe unique pour les propriétaires qui veulent être eux-mêmes à la barre - pas un autre jouet pour les professionnels. Il s'agit donc d'une sorte de "remorque populaire", mais il ne faut pas le prendre trop au pied de la lettre, car le prix sera certainement à six chiffres. En revanche, les frais courants devraient rester raisonnables, car à l'exception de l'électronique, presque tout est fixé dans les règles de la classe - jusqu'au nombre et au modèle des manivelles de winch, sans blague ( !).
Les appendices, qui comptent parmi les plus importants sur les hydroptères, sont également en accord avec le concept. Au lieu d'avoir des foils en L pliés à plusieurs reprises, le TF10 a des dérives en V relativement simples, coudées une seule fois, qui restent en permanence dégagées pendant la navigation ; elles ne sont remontées que pour le remorquage. Cela permet entre autres de naviguer (en régate) en mode deux mains.
Les safrans avec des T-Foils à l'extrémité restent également en permanence dans l'eau. Ils sont toutefois dotés d'un mécanisme de kick-up qui doit empêcher la construction en carbone de se briser en cas de collision. Ils peuvent également être retirés du pont dans les ports pour permettre le remorquage dans des zones peu profondes.
Le réglage des gouvernails et des dérives est électrohydraulique et s'effectue par simple pression sur un bouton, ce qui permet au barreur d'être autonome à tout moment - une autre condition pour naviguer en équipage réduit. L'angle d'attaque des ailes peut être modifié.
La coque et le pont sont entièrement construits en sandwich de fibres de carbone avec une âme en nid d'abeille Nomex. Cela explique le poids à vide extrêmement faible du bateau de seulement 1,1 tonne. Prêt à naviguer avec son équipage, le TF10 déplacera environ 1,5 tonne. Son potentiel est comparable à celui du catamaran à foiler Easy To Fly. Le coefficient de portance de la voile est de 7,7. À titre de comparaison, les cruisers de performance ont des valeurs autour de 5,0. Il faut donc peu d'imagination pour croire que le Tri peut atteindre 30 nœuds de vitesse de pointe sur un plan d'eau plat et par 6 Beaufort.
Ah oui, il y a aussi deux couchettes individuelles dans la coque centrale qui, avec ses 1,80 mètre, doit même offrir une hauteur presque suffisante pour se tenir debout. Au sens strict, le TF10 est donc aussi adapté à la navigation, même si l'on ne s'attend pas à un lit double, à des toilettes ou à une cuisine. Et il tient non seulement derrière une voiture de taille moyenne, mais aussi dans un conteneur standard de 40 pieds. De ce point de vue, il peut être expédié à moindre coût dans n'importe quelle zone de navigation du monde.

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